Philosophie
Posté le 01.03.2007 par penseeschoisies
Entrons ensemble un peu plus dans la réflexion.
Qu'entendons-nous par démocratie?
Il est admis par tous que c'est un mode d'organisation de l'espace nommé polis - c'est à dire la chose publique et commune, l'intérêt général - où l'arbitrage, et la décision qui en découle, est réalisé par un ensemble dénommé peuple au moyen du vote.
Mais qu'est-ce que ce peuple? De quoi et comment est-il composé?
Est-ce une question de couleur, de lieu d'origine, d'intelligence, de moyens financiers?
D'ors et déjà, notons que nous sommes confronté à la problématique d'un certain nombre d'idéologies qui discriminent les êtres humains en catégories. Que les termes ont un contenu en lien avec la représentation que nous avons de nous même, de notre identité, avec ce que nous croyons et affirmons être.
Le peuple: est-ce la nation, c'est à dire cette partie de la population qui dispose d'une "légitimité" que l'on appelle la nationalité, octroyée par l'Etat, du fait d'une généalogie dont on est nullement responsable ou à l'adhésion à une certaine culture après mise à l'épreuve lorsque l'on est naturalisé ?
Peut-être, devrions nous aussi explorer ce mot et ses déclinaisons... La naturalisation, en ce qu'elle induit de renoncements, ne dénature-t-elle pas l'être qui s'y soumet?
Le peuple: est-ce toutes les personnes qui partagent un même territoire, c'est à dire l'ensemble de la population, et qui participent par ses échanges et son travail à l'activité économique commune?
Difficile d'apporter une réponse universelle tant cette notion au contenu variable, est interprèté à partir du cadre culturel.
Mais, si l'on ne la clarifie pas, comment pouvons-nous appréhender la démocratie?
C'est peut-être d'ailleurs par cela que commence toute la supercherie ou l'illusion du discours démocratique actuel, parce que si l'on déclare que: Tous les hommes naissent libres et égaux en droit, la réalité fait la démonstration que pour ce qui est du droit démocratique, tout le monde ne dispose pas des mêmes droits.
Le développement du nationalisme et de son communautarisme aux 19/20em siècles a produit la situation actuelle du monde. Une situation où les grandes déclarations ne parviennent pas à masquer la ségrégation sociale qui fonde la prétentieuse suprématie du monde occidental.
N'y a t-il pas plus divisant que cette notion de peuple?
On devrait plus tendre à avoir la notion d'humanité, et dès lors que celui qui vit au milieu de nous est concerné par les décisions économiques et sociales qui sont prises, ne devrait-il pas avoir son mot à dire?
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Posté le 01.09.2006 par penseeschoisies
Après les événements qui ont agités les banlieues de France, et au regard des commentaires qui fleurissent ici et là sur les causes diverses et variées, nous pensons judicieux de partager un point de vue sur les banlieues espaces d'exclusion.
Nous ne pensons pas qu'il soit possible de faire l'impasse sur l'histoire de ces banlieues, de même il nous semble déraisonnable de ne pas parler de l'évolution sociologique de notre ensemble social.
L'étymologie du mot Banlieue est en elle même intéressante.
BANLIEUE n. f. [i]XIIe siècle, comme terme du droit féodal; XVIIIe siècle, au sens 2. Composé de ban, «territoire soumis à la juridiction d'un suzerain», et de lieue.
1. MOYEN ÂGE. Espace d'une lieue autour de l'enceinte d'une ville, qui était soumis au droit de ban.
2. Ensemble des agglomérations qui entourent un centre urbain et participent à sa vie et à ses fonctions.
La proche banlieue. La grande banlieue. Des trains de banlieue. Une banlieue verdoyante, sinistre. Une banlieue résidentielle. Une banlieue ouvrière. Habiter en banlieue. Expr. La banlieue rouge, la partie de la ceinture parisienne qui, naguère, votait habituellement à l'extrême gauche.[/i]
BAN n. m. [i]XIIe siècle, comme terme du droit féodal. De l'ancien bas francique *ban, « loi dont la nonobservance entraîne une peine ».
I. Proclamation.
1. DROIT FÉODAL. Convocation que le suzerain adressait à ses vassaux surtout pour le service de la guerre. Par ext. Le groupe même des vassaux ainsi convoqué. Le ban et l'arrière-ban. Fig. Convoquer le ban et l'arrière-ban, faire appel, pour le succès d'une affaire, à tous ceux dont on peut espérer du secours, un appui.
2. Proclamation administrative fixant le début de la moisson, des vendanges, etc. Le ban des vendanges.
Proclamation à l'église d'une promesse de mariage entre deux personnes. Les bans de mariage. Le premier, le second ban. La publication des bans. Ils ont été dispensés des bans. Par ext. Publication affichée à la mairie de l'annonce d'un mariage.
3. MILIT. Roulement de tambour, sonnerie de clairon qui marque le commencement ou la fin d'une proclamation, d'une cérémonie, d'une remise de décorations, etc. Battre un ban. Ouvrez le ban ! Fermez le ban ! Fig. et fam. Salve rythmée d'applaudissements. Un ban pour votre équipe.
II. Anciennt. Condamnation à l'exil, au bannissement, interdiction de séjour. Être en rupture de ban, avoir enfreint une interdiction de séjour, et, fig., avoir rompu avec son état et vivre d'une manière moralement condamnable. Un fils de famille en rupture de ban. Spécialt. Dans l'ancien droit germanique. Mettre au ban, déclarer un personnage déchu de ses dignités, droits et privilèges et le proscrire. En 1706, l'électeur de Bavière fut mis au ban de l'Empire par la Diète de Ratisbonne. Fig. Mettre quelqu'un au ban de la société, de l'opinion, le déclarer indigne de toute considération. Mettre un État au ban des nations, le dénoncer publiquement et le vouer à l'indignité.[/i]
Cette Banlieue n'est-elle pas le lieu périphérique de la cité commune où dans un passé pas très éloigné, « l'honorable société bourgeoise» parquait cette partie de la population qu'elle considérait comme devant être banni pour cause d'indigence, de prolétarisation, d'indignité. Elle est le lieu du ban, purgatoire et enfer y étaient cantonnés tous ceux qui étaient considéré comme n'ayant rien de commun.
Avec l'industrialisation de l'après guerre et la migration intérieur des population rurales vers les usines installées en périphéries des cités, ces banlieues se sont souvent couvertes de bidonvilles.
Il est intéressant de noter que ce n'est qu'au court de années 55/ 70 que les grands ensembles et autres villes nouvelles furent bâties sur ces territoires historiquement de non droits.
Nous disons territoires de non droits car en ces lieux les droits de l'Homme n'étaient pas la principale préoccupation de l'Etat et des élus locaux. Et certaines politiques n'ont eu d'autres effets que d'accentuer les disparités et les replis identitaires.
C'est ainsi que sont apparues des communes de cités (dites dortoirs du fait qu'elles étaient occupées pour l'essentiel par la classe ouvrière -prolétarienne- employées par les industries proches et nouvellement installées).
Au cours des années, les anciens bidonvilles sont devenue des ghettos. Suite à la désindustrialisation, la fonction dortoir a presque disparu. Mais ce n'est pas pour autant que ces cités sont devenu de véritables lieux de vie., malgré les efforts d'associations tentant de pallier les carences de la société.
Nous devons aussi nous intéresser à l'étymologie à la commune et la cité,.
COMMUNE n. f. [i]XIIe siècle, au sens de « ensemble du peuple ». Du latin populaire communia, « réunion de gens ayant une vie commune ».
1. HIST. Jusqu'à la fin du XIIIe siècle, corps des bourgeois d'une ville ou d'un bourg jouissant de privilèges et de franchises qui leur donnaient le droit de s'administrer eux-mêmes. Des communes prirent parfois les armes pour défendre leurs libertés. Par ext. Ville ou bourg affranchi de l'assujettissement féodal. La commune de Laon dut ses franchises à une insurrection. Spécialt. La commune de Paris, administration municipale créée en 1789. Commune insurrectionnelle, qui prit la place de la commune légale le 10 août 1792 et qui fut l'inspiratrice de la Terreur. La Commune, gouvernement révolutionnaire qui siégea à Paris, de mars à mai 1871.
2. Auj. Subdivision territoriale administrée par le maire et le conseil municipal. Une commune de six cents habitants, de vingt mille habitants. La commune de Lyon, de Vincennes, des Baux-de-Provence. Une commune rurale. Paris et les communes limitrophes formaient naguère le département de la Seine. Le maire d'une commune. Par méton. Personne morale représentant les habitants d'une commune. Ces biens ont été achetés par la commune. Assigner la commune devant un tribunal. Spécialt. Le maire, assisté du conseil municipal. La commune a pris cette décision en tenant compte de l'intérêt général. La commune doit rationner l'eau, en raison de la sècheresse.
3. En Grande-Bretagne et au Canada. La Chambre des communes ou, ellipt., les Communes, la chambre basse du Parlement, élue au suffrage universel et exerçant l'essentiel du pouvoir législatif.[/i]
CITÉ n. f. [i]Xe siècle, ciutat. Du latin civitas, « ensemble des citoyens constituant une ville, une cité, un État ».
1. ANTIQ. Territoire constitué par une ville et ses alentours, et qui était administré par ses citoyens ; cette ville elle-même ; l'ensemble des citoyens et des habitants qui la composaient. Les cités grecques. Sous Tibère, on comptait soixante-quatre cités dans les Gaules. Les dieux, les lois sacrées de la cité. Expr. Le droit de cité, le fait de jouir des droits civils et politiques en vigueur dans ce territoire. Accorder, acquérir, perdre le droit de cité. Fig. N'avoir pas droit de cité, n'être pas admis par les mœurs, l'usage et le goût, en tel lieu ou telle société. Titres célèbres : La Cité de Dieu, de saint Augustin (413-426) ; La Cité antique, de Fustel de Coulanges (1864).
2. MOYEN ÂGE. Agglomération urbaine, généralement fortifiée, pourvue d'une certaine autonomie. La cité de Carcassonne.
3. Dans quelques villes, la partie la plus ancienne, où se trouve la cathédrale. L'île de la Cité, à Paris. La Cité de Londres, le centre de cette ville et, ellipt., la Cité, la place financière de Londres. La Cité interdite, à Pékin, le domaine impérial.
4. Ville en général, agglomération urbaine. Une cité commerçante. Lyon est une grande cité industrielle.
Spécialt. Cité lacustre, bourgade bâtie sur pilotis au bord d'un lac. Les cités lacustres préhistoriques. Une cité lacustre au Pérou. RELIG. Cité sainte, ville honorée par les fidèles d'une religion. Jérusalem, La Mecque,
Bénarès sont des cités saintes.
5. Groupe de maisons, de bâtiments formant un ensemble. Une cité administrative, groupant les services publics d'une ville. Une cité ouvrière, destinée à loger le personnel d'une entreprise. Une cité universitaire, destinée à loger des étudiants.
6. Fig. La communauté politique. Chercher le bien de la cité. Il a passé sa vie au service de la cité.
Enfreindre les coutumes, les lois de la cité. Bâtir la cité future.
*CITÉ-DORTOIR n. f. (pl. Cités-dortoirs). XXe siècle.
Agglomération de banlieue dont la plupart des habitants vont travailler à la grande ville proche.
*CITÉ-JARDIN n. f. (pl. Cités-jardins). XXe siècle. Composé de cité et de jardin sur le modèle de l'anglais garden-city. Ensemble de maisons individuelles ou d'immeubles bâtis dans un vaste jardin.[/i]
Il est donc admis que ces ensembles qui forment les banlieues ne sont pas « traditionnellement » des lieux de la cité ou de la commune. Et dans les actes c'est ce qui est peu ou prou ressenti par ses populations.
D'ailleurs, pour qui y vit, il semble que la reconnaissance de la « bonne société » ne puissent s'obtenir que dans la mesure ou il en est sortie. Quel pourcentage d'élus locaux y vivent encore concrètement. Le citoyen qui s'est extrait de cette banlieue ne devient-il pas vite le modèle d'une certaine réussite ? Ce qui confirmerait dans le même temps que cette banlieue est un lieu à part.
Aujourd'hui les pouvoirs politiques affirment qu'il n'y a pas de zone de non-droits dans la république, et en appellent au civisme des habitants. Cependant, la question des banlieues est récurante.
Cycliquement, elles s'insurgent contre la ségrégation qui les frappe.
Et c'est toujours les mêmes réponses : intervention de la force publique, sermons lénifiants et analyses post-événementielles qui ne font qu'accentuer la marginalisation, tel ces discours sur la polygamie, les étrangers, l'islamisation, en bref tout le discours idéologique d'une société au colonialisme structurel, véritable déni des droits de l'homme.
S'agissant de l'action des associations, leurs interventions, pour indispensables qu'elles soient, ne parviennent pas à compenser l'absence de volonté politique et sociétale à considérer simplement les résidents des banlieues non en données économiques, mais comme des êtres humains.
Il faudrait peut-être que les possédants acceptent de penser la part qu'ils doivent à l'autre et qu'ils la restitue aux ayant droits.
Posté le 23.06.2006 par penseeschoisies
Discriminer est indispensable à l'élaboration de l'individualité, mais aussi à une autonomie des citoyens, base fondamentale de la démocratie.
Le "glissement" sémantique pourrait fort bien avoir comme conséquence l'instauration d'une interdiction induite de toutes discriminations autre que "positives", et donc, par un appauvrissement de la perception et de la compréhension de la différence, une radicalisation de l'intolérance, aux multiples effets (manipulabilité des populations par l'exploitation de la peur, replis communautaristes, élitistes, diktat des classes dominantes, etc.).
La montée en puissance des discours sur la tolérance zéro, l'individualisation/ personnalisation/ personnification des responsabilités pourraient être autant de signes de la progression d'un obscurantisme global, d'un ethnocentrisme qui place le monde "moderne, technocratique et économique occidental" comme seul valable et pertinent pour l'avenir de la planète.
Nous voyons bien la radicalisation à l'oeuvre.
Si notre société est prompt à relever les intégrismes qui lui sont extérieurs, elle ne l'est pas dans l'examen des conséquences de sa volonté exclusive à imposer ses dogmes -moraux et économiques- au reste du monde. Elle n'examine pas plus les ségrégations qu'elle organise en son sein et qui sont au fondement de quantité de maux individuels. Elle se refuse à faire l'analyse de son extrème violence, en la justifiant par toutes sortes de manoeuvre qui entretiennent son sentiment de supériorité.
Quand elle examine son histoire, c'est bien souvent pour déclarer qu'il faut savoir arrêter de culpabiliser dessus et non pour étudier les processus de pensée qui ont motivés ses actes, ni pour voir si ceux-ci ne sont pas encore sous jacent des horreurs actuelles.
La mondialisation, dont on nous rabat les oreilles, ne serait-elle pas autre chose que l'impérialisme d'une caste minoritaire, mais économiquement dominante, dont un des outils aurait pour nom O.N.U et ses organisations affidées -UNESCO, OMC, OMS, FMI, etc. ?
Caste qui organiserait la ségrégation à l'échelle planétaire et se maintiendrait par un entretien localisé de rivalités culturels, politiques ou économiques.
L'imprécision, qui est aujourd'hui de mise, favorise la confusion, les amalgammes en tous genres.
Au lieu de faire un effort de discernement, pour comprendre la complémentarité des différences, l'a-distinction qui découle de l'a-discrimination ouvre la porte à tous les manichéismes, à tous les conflits...
Cessons donc de nous servir de la discrimination pour ne pas aborder nos ségrégations...et l'humanité s'en sentira mieux...
Posté le 30.05.2006 par penseeschoisies
Passons à la loi sur l'immigration "choisies".
Avec celle-la, point de doute, les questions d'économie en sont clairement la motivation.
Voilà que sans complexe, on annonce que la ségrégation doit présider à l'autorisation de venir sur le territoire. Que notre nation ne délivrera ses autorisations de séjours ou de résidence que dans la mesure où l'économie et les entreprises auront besoins des compétences des candidats.
C'est la fin programmée d'une France terre d'hospitalité et de fraternité.
La légitimité de certaines immigrations -immigration politique, sanitaire et/ou humanitaire - faisait déjà l'objet de restrictions drastiques et de remises en cause dans certains cas - voir le cas Battestti-. Avec cette loi, c'est le régime de l'exception, et les droits de l'hommes ne sont plus le premier critère de l'acceuil.
Décomplexés certains discours ont désormais pignons sur rue et sont largement relayé par une certaine catégorie de médias, grands serviteurs de la haute finance.
Ainsi, peut on entendre que les étrangers en situation dite irrégulière sont une menace pour notre économie, que la France n'a pas vocation à accueillir la misère du monde, que les difficultés des banlieues ont pour origines des populations qui sont venues tirer profit de notre systeme de protection sociales sans pour autant avoir une volonté de s'intégrer, etc., etc.
La démagogie et le populisme sont devenues des banalités.
Mais, qui génère la misère dans les pays? Qui fabrique industriellement les armes et équipements militaires? Qui les mets sur le marché? Qui exploite les ressources minères, pétrolières des pays d'Afrique, d'Amérique du sud ou de l'Asie et en tir au travers des places boursières les meilleurs bénéfices?
Curieuse France que cette France qui est un des premiers producteurs / marchands d'armes au monde, qui fait ou défait "démocratiquement" certains "gouvernements totalitaires" d'Afrique au nom de ses intérêts économiques, qui dans son espace national laisse grandir les laisser pour compte et multiplie les exclus, et qui voudrait donner des leçons d'humanisme et de démocratie au reste de la Terre.
La loi sur "l'immigration choisie" témoigne de la radicalisation d'une classe sociale de privilégiés. Ceux-ci instrumentalisent les communautés, en les dressants les unes contres les autres à la seule fin de se maintenir au pouvoir.
Fidèle à eux-même et à leur héritage de négriers colonialistes, ils continuent de considérer que certains territoires sont des viviers de main d'oeuvre bon marché qui peut être exploités sans scrupule pourvue qu'on y mette certaines formes.
Dans les esprits de nombres de personnes placées en situation d'insécurité et de précarité, le : "c'est mieux que rien" a remplacé les aspirations à une réelle application des droits de l'homme. Et c'est comme cela que nous pouvons voir quantités d'individus renoncer à toutes dignités et à tous désirs de progression.
Et l'on s'étonne que la désespérance, qui fait le lit de l'autodestruction et des violences de toutes sortes, aille croissante?
A suivre...
Posté le 25.05.2006 par penseeschoisies
Petites questions ...
De quelle égalité veut-on parler?
Si l'on considère d'un point de vue bio-physiologique que nous disposons des mêmes potentialités, les conditions sociale de notre formation, dès la naissance, ne sont surement pas les mêmes.
En tant qu'individualité, nous sommes produit par des ensembles d'interventions, de conditions hiérarchisées. En premier lieu, nous trouvons le milieu familial. Son histoire singulière faite d'insertion et d'exclusion, d'alliances et de desalliances, son origine social, sa culture, sa fortune ou son infortune, autant d'éléments qui nous marquent et vont constituer le socle de l'adulte futur.
Ensuite, sommes-nous en capacité d'affirmer que nous avons la maitrise de tous les processus qui participent à notre manifestation?
Processus qui combinent les éléments structurels de notre forme physique.
Processus qui interviennent dans cette chimie supérieure, pour ne pas dire divine, qui va constituer notre pensée et nous conduire à nous nommer en tant que "Moi/ Je".
Processus qui nous permettent d'acquérir et de développer des savoirs, des compétences physiques et/ou intellectuelles.
Indéniablement, il n'y a aucune égalité ... Nous sommes irrémédiablemment différents...
Ceci posé, passons aux chances...
Au regard des droits de l'homme, la formule en elle même est exécrable.
Est-ce une chance que de pouvoir bénéficier de l'accès à des moyens de vie décents? -alimentation, logement, sécurité, identité sociale-
Est-ce une chance que de pouvoir vivre sans craindre pour les siens?
Et puis la chance n'est-elle pas synonyme d'un certain hasard, et le hasard en la matière n'a rien à voir avec l'expression d'une volonté politique de mettre en pratique des principes que l'on dit applicable à tous... C'est pour le moins assez paradoxale.
Il ne peut y avoir d'égalité que dans la mesure où l'ensemble de l'organisation sociale assure à chacun le même traitement, la même considération, le même respect, la même protection, cela sans aucune ségrégation, sans qu'aucune compétition ne conduise à une concurrence qui oppose les individus entre eux...
Les individus ne devraient pas être opposables, car nous sommes tous différents.
Certes, il y a la xénophobie, les racismes, mais cela ne repose que sur l'ignorance, sur des théories tronqués et sur des considérations économiques qui permettent à une poignée réduite de personnages de spolier leur semblable en niant leur dignité.
C'est essentiellement une question d'enseignement, d'éducation, de pédagogie sociale et surtout de volonté politique.
a suivre...
Posté le 23.05.2006 par penseeschoisies
Aujourd'hui, deux lois nous sont présentées comme de grandes évolutions positives, elles sont sensées être juste.
Je veux parler de la loi : "sur l'égalité des chances" et de la loi "sur l'immigration choisie".
Sont-elles conforme à l'esprit des droits de l'Homme?
Témoignent-elles de la volonté d'une plus grande application de ces droits? Vont-elles réduire les inégalités?
Ou à contrario, ne visent-elles pas à donner un aspect acceptable à la ségrégation sous-jacente de notre monde occidental...
Quand bien même qu'elles soient dérangantes, ces questions sont à poser, car ces lois vont engendrer des conséquences tant dans l'espace où elles vont s'appliquer que sur les populations des autres pays.
Pour commencer, elles sont liés par une même raison économique. Toutes deux cherchent à répondre à des questions d'économie. Economie du marché du travail en premier lieu et donc de la production de capitaux financiers.
De même, elles ont en commun les questions qui se soulèvent lorsque se rencontrent des cultures, des croyances, des coutumes et des économies différentes.
Il est curieux de répondre à la souffrance que produit la ségrégation, vécue par une partie grandissante de la population, par une accentuation de cette ségrégation.
Il est réel que les générations issues de l'immigration, malgré le fait qu'elles aient accédé à la nationalité française, ne bénéficie pas de l'égalité de traitement que devrait leur garantir la loi.
L'injustice des pouvoirs publics, les carences des politiques, un certain chauvinisme ont créées des situations intolérables et une classe sociale en marge du reste de la société.
Dans notre société, l'indigène, même importer de longue date, reste un inférieur, et ce ne sont pas les quelques exceptions d'intégrations exhibées qui témoignent d'une réussite globale.
Les exceptions ne restent que des exceptions, elles reposent sur des qualités singulières, sur des sacrifices personnels, parfois sur des syncrétismes particuliers.
Les échecs scolaires ne sont pas des échecs d'élèves, ils sont les échecs d'un système qui a été conçus pour détruire les différences culturelles et commençant par les langues régionales. N'oublions pas que dans le même temps que l'éducation nationale était créées, des lois interdisant et sanctionnant les parler "indigènes" étaient promulgées, et des colonies se formaient au nom de la république...
Les premiers indépendantismes modernes naissent d'ailleurs à cette époque.
Pour en revenir à notre sujet, la loi dite sur l'égalité des chances, en mettant l'accent sur les différences d'origine ou de capacité, ne fait que souligner celles-ci. En même temps, elle relève les inégalités économico-sociales que le système est incapable de réduire sans se remettre profondément en cause.
En filigrane, nous pourrions aussi y lire une injonction à renoncer à la différence sous peine d'être marginalisé d'avantage. Il est impératif de s'aligner sur le modèle, de se fondre dedans et de participer au système. Faute de quoi, il est donner une identité négative, oppositionnelle qui doit être exclue.
Si l'on considère le dualisme, le manichéisme du monde occidental c'est somme toute logique...
Mais alors, quid des droits de l'homme?
A suivre...
Posté le 03.05.2006 par penseeschoisies
Depuis déja quelques années, il est servi un discours de la discrimination à l'ensemble de la population.
Ce discours tant à vouloir donner à penser que la discrimination pourrait être qualifié selon deux pôles antinomiques: positif ou négatif.
Qu'en est-il réellement, et quels sens pourrait avoir cette qualification.
C'est le sujet que nous nous proposons d'explorer -de manière incomplète.
L'objet -discrimination- recouvre, en lui même, un processus bien connu de l'étude des mécanismes de différenciation qui interviennent dans l'ensemble du proces de construction de l'individualité.
Il est cette fonction qui, par une confrontation du sujet à la différence, permet de réaliser -au sens d'amener à la conscience- le commun et la singularité en tant qu'appliquéà lui-même, que dans l'ensemble des éléments -objets ou sujets objectivés- qui composent son environnement..
Ainsi, la discrimination est au fondement de l'émergance de tout les savoirs. Ceux-ci par ailleurs ne se structurent et ne se déploient qu'à partir d'individus qui questionnent le sens et la causalité des différences observées.
En psycho, il est certain que l'individuation n'est possible que par l'action conjointe de la discrimination et de l'altérité.
La discrimination est un processus que l'on peut définir comme neutre du fait qu'il n'est pas producteur de jugement de valeur.
Ce n'est pas l'observaton de la différence qui qualifie, classifie et hiérarchise, mais plutôt la représentation qui nous en est montrée, enseignée et qui participe à l'expression de la -ou des personnaliltés que nous élaborons pour entrer en relation avec cet autre -objet ou sujet- qui tantôt nous rassure, tantôt nous effraie.
Dès lors, pourquoi vouloir mettre un qualificatif...
La démarche n'a-t-elle pas fonction de masquer que ce dont on parle en réalité a pour nom ségrégation, et que nous ne souhaitons pas le voir.
La ségrégation est une des utilisations que l'on peut faire de la discimination.
Processus d'exclusion, de confinement, anti-égalitaire par exellence, le terme est marqué du sceau infâme de génocides niant les valeurs tant religieuses-particulièrement judéo-chrétienne-, que laïques, républicaines et démocratiques. C'est l'aparteid honnis des droits de l'homme, qui perdure au travers d'organisations qui traduisent des représentations hièrarchiques, arbitaires et sans fondement.
A suivre
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