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Dernière mise à jour : 13.09.2009
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De la cité commune à la commune des cités

Publié le 01/09/2006 à 12:00 par penseeschoisies
Après les événements qui ont agités les banlieues de France, et au regard des commentaires qui fleurissent ici et là sur les causes diverses et variées, nous pensons judicieux de partager un point de vue sur les banlieues espaces d'exclusion.
Nous ne pensons pas qu'il soit possible de faire l'impasse sur l'histoire de ces banlieues, de même il nous semble déraisonnable de ne pas parler de l'évolution sociologique de notre ensemble social.
L'étymologie du mot Banlieue est en elle même intéressante.

BANLIEUE n. f. [i]XIIe siècle, comme terme du droit féodal; XVIIIe siècle, au sens 2. Composé de ban, «territoire soumis à la juridiction d'un suzerain», et de lieue.
1. MOYEN ÂGE. Espace d'une lieue autour de l'enceinte d'une ville, qui était soumis au droit de ban.
2. Ensemble des agglomérations qui entourent un centre urbain et participent à sa vie et à ses fonctions.
La proche banlieue. La grande banlieue. Des trains de banlieue. Une banlieue verdoyante, sinistre. Une banlieue résidentielle. Une banlieue ouvrière. Habiter en banlieue. Expr. La banlieue rouge, la partie de la ceinture parisienne qui, naguère, votait habituellement à l'extrême gauche.[/i]

BAN n. m. [i]XIIe siècle, comme terme du droit féodal. De l'ancien bas francique *ban, « loi dont la nonobservance entraîne une peine ».
I. Proclamation.
1. DROIT FÉODAL. Convocation que le suzerain adressait à ses vassaux surtout pour le service de la guerre. Par ext. Le groupe même des vassaux ainsi convoqué. Le ban et l'arrière-ban. Fig. Convoquer le ban et l'arrière-ban, faire appel, pour le succès d'une affaire, à tous ceux dont on peut espérer du secours, un appui.
2. Proclamation administrative fixant le début de la moisson, des vendanges, etc. Le ban des vendanges.
Proclamation à l'église d'une promesse de mariage entre deux personnes. Les bans de mariage. Le premier, le second ban. La publication des bans. Ils ont été dispensés des bans. Par ext. Publication affichée à la mairie de l'annonce d'un mariage.
3. MILIT. Roulement de tambour, sonnerie de clairon qui marque le commencement ou la fin d'une proclamation, d'une cérémonie, d'une remise de décorations, etc. Battre un ban. Ouvrez le ban ! Fermez le ban ! Fig. et fam. Salve rythmée d'applaudissements. Un ban pour votre équipe.
II. Anciennt. Condamnation à l'exil, au bannissement, interdiction de séjour. Être en rupture de ban, avoir enfreint une interdiction de séjour, et, fig., avoir rompu avec son état et vivre d'une manière moralement condamnable. Un fils de famille en rupture de ban. Spécialt. Dans l'ancien droit germanique. Mettre au ban, déclarer un personnage déchu de ses dignités, droits et privilèges et le proscrire. En 1706, l'électeur de Bavière fut mis au ban de l'Empire par la Diète de Ratisbonne. Fig. Mettre quelqu'un au ban de la société, de l'opinion, le déclarer indigne de toute considération. Mettre un État au ban des nations, le dénoncer publiquement et le vouer à l'indignité.[/i]

Cette Banlieue n'est-elle pas le lieu périphérique de la cité commune où dans un passé pas très éloigné, « l'honorable société bourgeoise» parquait cette partie de la population qu'elle considérait comme devant être banni pour cause d'indigence, de prolétarisation, d'indignité. Elle est le lieu du ban, purgatoire et enfer y étaient cantonnés tous ceux qui étaient considéré comme n'ayant rien de commun.
Avec l'industrialisation de l'après guerre et la migration intérieur des population rurales vers les usines installées en périphéries des cités, ces banlieues se sont souvent couvertes de bidonvilles.
Il est intéressant de noter que ce n'est qu'au court de années 55/ 70 que les grands ensembles et autres villes nouvelles furent bâties sur ces territoires historiquement de non droits.
Nous disons territoires de non droits car en ces lieux les droits de l'Homme n'étaient pas la principale préoccupation de l'Etat et des élus locaux. Et certaines politiques n'ont eu d'autres effets que d'accentuer les disparités et les replis identitaires.
C'est ainsi que sont apparues des communes de cités (dites dortoirs du fait qu'elles étaient occupées pour l'essentiel par la classe ouvrière -prolétarienne- employées par les industries proches et nouvellement installées).
Au cours des années, les anciens bidonvilles sont devenue des ghettos. Suite à la désindustrialisation, la fonction dortoir a presque disparu. Mais ce n'est pas pour autant que ces cités sont devenu de véritables lieux de vie., malgré les efforts d'associations tentant de pallier les carences de la société.
Nous devons aussi nous intéresser à l'étymologie à la commune et la cité,.

COMMUNE n. f. [i]XIIe siècle, au sens de « ensemble du peuple ». Du latin populaire communia, « réunion de gens ayant une vie commune ».
1. HIST. Jusqu'à la fin du XIIIe siècle, corps des bourgeois d'une ville ou d'un bourg jouissant de privilèges et de franchises qui leur donnaient le droit de s'administrer eux-mêmes. Des communes prirent parfois les armes pour défendre leurs libertés. Par ext. Ville ou bourg affranchi de l'assujettissement féodal. La commune de Laon dut ses franchises à une insurrection. Spécialt. La commune de Paris, administration municipale créée en 1789. Commune insurrectionnelle, qui prit la place de la commune légale le 10 août 1792 et qui fut l'inspiratrice de la Terreur. La Commune, gouvernement révolutionnaire qui siégea à Paris, de mars à mai 1871.
2. Auj. Subdivision territoriale administrée par le maire et le conseil municipal. Une commune de six cents habitants, de vingt mille habitants. La commune de Lyon, de Vincennes, des Baux-de-Provence. Une commune rurale. Paris et les communes limitrophes formaient naguère le département de la Seine. Le maire d'une commune. Par méton. Personne morale représentant les habitants d'une commune. Ces biens ont été achetés par la commune. Assigner la commune devant un tribunal. Spécialt. Le maire, assisté du conseil municipal. La commune a pris cette décision en tenant compte de l'intérêt général. La commune doit rationner l'eau, en raison de la sècheresse.
3. En Grande-Bretagne et au Canada. La Chambre des communes ou, ellipt., les Communes, la chambre basse du Parlement, élue au suffrage universel et exerçant l'essentiel du pouvoir législatif.[/i]

CITÉ n. f. [i]Xe siècle, ciutat. Du latin civitas, « ensemble des citoyens constituant une ville, une cité, un État ».
1. ANTIQ. Territoire constitué par une ville et ses alentours, et qui était administré par ses citoyens ; cette ville elle-même ; l'ensemble des citoyens et des habitants qui la composaient. Les cités grecques. Sous Tibère, on comptait soixante-quatre cités dans les Gaules. Les dieux, les lois sacrées de la cité. Expr. Le droit de cité, le fait de jouir des droits civils et politiques en vigueur dans ce territoire. Accorder, acquérir, perdre le droit de cité. Fig. N'avoir pas droit de cité, n'être pas admis par les mœurs, l'usage et le goût, en tel lieu ou telle société. Titres célèbres : La Cité de Dieu, de saint Augustin (413-426) ; La Cité antique, de Fustel de Coulanges (1864).
2. MOYEN ÂGE. Agglomération urbaine, généralement fortifiée, pourvue d'une certaine autonomie. La cité de Carcassonne.
3. Dans quelques villes, la partie la plus ancienne, où se trouve la cathédrale. L'île de la Cité, à Paris. La Cité de Londres, le centre de cette ville et, ellipt., la Cité, la place financière de Londres. La Cité interdite, à Pékin, le domaine impérial.
4. Ville en général, agglomération urbaine. Une cité commerçante. Lyon est une grande cité industrielle.
Spécialt. Cité lacustre, bourgade bâtie sur pilotis au bord d'un lac. Les cités lacustres préhistoriques. Une cité lacustre au Pérou. RELIG. Cité sainte, ville honorée par les fidèles d'une religion. Jérusalem, La Mecque,
Bénarès sont des cités saintes.
5. Groupe de maisons, de bâtiments formant un ensemble. Une cité administrative, groupant les services publics d'une ville. Une cité ouvrière, destinée à loger le personnel d'une entreprise. Une cité universitaire, destinée à loger des étudiants.
6. Fig. La communauté politique. Chercher le bien de la cité. Il a passé sa vie au service de la cité.
Enfreindre les coutumes, les lois de la cité. Bâtir la cité future.
*CITÉ-DORTOIR n. f. (pl. Cités-dortoirs). XXe siècle.
Agglomération de banlieue dont la plupart des habitants vont travailler à la grande ville proche.
*CITÉ-JARDIN n. f. (pl. Cités-jardins). XXe siècle. Composé de cité et de jardin sur le modèle de l'anglais garden-city. Ensemble de maisons individuelles ou d'immeubles bâtis dans un vaste jardin.[/i]

Il est donc admis que ces ensembles qui forment les banlieues ne sont pas « traditionnellement » des lieux de la cité ou de la commune. Et dans les actes c'est ce qui est peu ou prou ressenti par ses populations.
D'ailleurs, pour qui y vit, il semble que la reconnaissance de la « bonne société » ne puissent s'obtenir que dans la mesure ou il en est sortie. Quel pourcentage d'élus locaux y vivent encore concrètement. Le citoyen qui s'est extrait de cette banlieue ne devient-il pas vite le modèle d'une certaine réussite ? Ce qui confirmerait dans le même temps que cette banlieue est un lieu à part.
Aujourd'hui les pouvoirs politiques affirment qu'il n'y a pas de zone de non-droits dans la république, et en appellent au civisme des habitants. Cependant, la question des banlieues est récurante.
Cycliquement, elles s'insurgent contre la ségrégation qui les frappe.
Et c'est toujours les mêmes réponses : intervention de la force publique, sermons lénifiants et analyses post-événementielles qui ne font qu'accentuer la marginalisation, tel ces discours sur la polygamie, les étrangers, l'islamisation, en bref tout le discours idéologique d'une société au colonialisme structurel, véritable déni des droits de l'homme.
S'agissant de l'action des associations, leurs interventions, pour indispensables qu'elles soient, ne parviennent pas à compenser l'absence de volonté politique et sociétale à considérer simplement les résidents des banlieues non en données économiques, mais comme des êtres humains.
Il faudrait peut-être que les possédants acceptent de penser la part qu'ils doivent à l'autre et qu'ils la restitue aux ayant droits.




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Ecrire un commentaire Commentaires (1)

Isabelle Moreno le 10/04/2007
Merci pour cette mise au point concernant les banlieues
Elle a le mérite de prendre de la distance avec l'actualité
Distanciation qui fait cruellement défaut aux journalistes de prime-time


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