Créer un blog Présentation

Nom du blog :
penseeschoisies
Description du blog :
une pensée philosophique et une ethique sociale et politique pour aujourd'hui et non pour demain....
Catégorie :
Blog Société
Date de création :
21.04.2006
Dernière mise à jour :
29.02.2008
RSS

Rubriques

>> Toutes les catégories <<
· Election et démocratie (1)
· Philosophie (7)
· Poésie - texte (1)
· Politique (7)
· Textes d'ailleurs (4)

Navigation

Accueil
Livre d'or penseeschoisies
Créer un blog
Contactez-moi !
Faites passer mon Blog !
Mes blogs et sites préférés

Billets les plus lus

· Démocratie ... C'est quoi...
· Octave Mirbeau - 1888
· De la cité commune à la commune des cités
· La communauté... à la base de l'individu
· Quand la question... -suite-
· De l'instrumentalisation des associations...
· Les chants des sirènes...
· A la suite des banlieues
· Charte d'Amiens 01
· De la discrimination - introduction

Statistiques



Ajoutez aux favoris 20 derniers commentaires

X X X X X X
12.07.2008
kj
05.02.2008
élargissement
24.04.2007
toujours et encore plus d'actualité
12.04.2007
merci !
10.04.2007
AUTRE DESTIN
09.03.2007
AUTRE DESTIN
09.03.2007
AUTRE DESTIN
09.03.2007
AUTRE DESTIN
09.03.2007
bravo!!
26.02.2007
quelle démocratie ???
06.02.2007
Réactions
02.05.2006
RSS

Blogs à découvrir :

· alex1976
· confidenceduneasociale
· lailasamburu
· iurrard
· lavieadefendre
· cmquebriac
· exdisciplesdepremrawat
· mouvanim06
· amerindiens
· messagers



Beaudelaire-01 - 1855

Beaudelaire-01 - 1855

Posté le 23.03.2007 par penseeschoisies
[b]Où est, je vous prie la garantie du progrès?
BEAUDELAIRE, Curiosités esthétiques, exposition universelle, 1855[/b]

Il est encore une erreur fort à la mode, de laquelle je veux me garder comme de l'enfer - je veux parler de l'idée du progrès.
Ce fanal obscur, invention du philosophisme actuel, breveté sans garantie de la Nature ou de la Divinité, cette lanterne moderne jette des ténèbres sur tous les objets de la connaissance; la liberté s'évanouit, le châtiment disparait. Qui veut y voir clair dans l'histoire doit avant tout éteindre ce fanal perfide.
Cette Idée grotesque qui a fleuri sur le terrain pourri de la fatuité moderne, a déchargé chacun de son devoir, délivré toute âme de sa responsabilité, dégagé la volonté de tous les liens qui lui imposait l'amour du beau: et les races amoindries, si cette navrante folie dure longtemps, s'endormiront sur l'oreiller de la fatalité dans le sommeil radoteur de la décrépitude. Cette infatuation est le diagnostic d'une décadence déjà trop visible.
Demandez à tout bon français qui lit tous les jours son journal dans son estaminet ce qu'il entend par progrès, il répondra que c'est la vapeur, l'électricité et l'éclairage au gaz, miracles inconnus aux Romains et que ces découvertes témoignent pleinement de notre supériorité sur les anciens; tant qu'il s'est fait de ténèbres dans ce malheureux cerveau et tant les choses de l'ordre matériel et l'ordre spirituel s'y sont bizarrement confondues!
Le pauvre est tellement américanisé par ses philosophes zoocrates et industriels qu'il a perdu la notion des différences qui caractérisent les phénomènes du monde physique et du monde moral, du naturel et du surnaturel.
Si une nation entend aujourd'hui la question morale dans un sens plus délicat qu'on ne l'entendait dans le siècle précédent, il y a progrès : c'est clair.
Si un artiste produit cette année un oeuvre qui témoigne de plus de savoir ou de force imaginative qu'il n'en a montré l'année dernière, il est certain qu'il a progressé.
Si les denrées sont aujourd'hui de meilleure qualité et à meilleur marché qu'elles n'étaient hier, c'est dans l'ordre matériel un progrès incontestable.
Mais, où est, je vous prie, la garantie du progrès pour le lendemain?
Car les disciples des philosophes de la vapeur et des allumettes chimiques l'entendent ainsi: le progrès ne leur apparaît que sous la forme d'une série indéfinie. Où est la garantie?
Elle n'existe, dis-je, que dans votre crédulité et fatuité. Je laisse de coté la question de savoir si, délicatisant l'humanité en proportion des jouissances nouvelles qu'il lui apporte, le progrès indéfini ne serait pas sa plus ingénieuse et sa plus cruelle torture; si, procédant par une opiniâtre négation de lui- même, il ne serait pas un mode de suicide incessamment renouvelé, et si enfermé dans le cercle de feu de la logique divine, il ne ressemblerai pas au scorpion qui se perce lui-même avec sa terrible queue.



--


:: Poster un commentaire

Votre nom : *
Votre adresse email : *
Titre du commentaire : *
Votre commentaire : *
Votre centerblog : http://.centerblog.net

Code de validation

CAPTCHA Image

Pour valider votre commentaire, vous devez recopier ci-dessous le chiffre que vous lisez sur l'image à gauche :

 

Ce blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus